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À Saumur, l’ouverture du casino JOA prend forme : rencontre avec Laetitia Nespola

Par Vincent Reynaert 20 novembre 2025

Saumur Laetitia Nespola
À Saumur, l’ouverture du casino JOA prend forme : rencontre avec Laetitia Nespola

Laëtitia NespolaFuture Directrice Générale du Casino de Saumur (JOA)

Propos recueillis par Vincent Reynaert

<p><b>Votre parcours vient du divertissement puis du marketing de casino. Quel fil conducteur vous a préparée à piloter aujourd’hui l’ouverture d’un établissement ?</b></p>

<p><span style="font-weight: 400">J’ai débuté</span><span style="font-weight: 400"> à </span><span style="font-weight: 400">Nigloland (parc d’attractions dans dans l’Aube) où j’ai passé quinze ans comme Responsable Commercial, dont une partie sur le lancement d’un hôtel. C’est là que j’ai appris le sens du détail, l’importance de l’expérience et de la relation client.</span></p> <p><span style="font-weight: 400">Quand je suis arrivée au casino Barrière de Blotzheim en 2014, je ne connaissais rien à l’univers des jeux : un choc, mais surtout une formation accélérée. J’ai passé énormément de temps sur le terrain pour comprendre les mécaniques, la réglementation et les attentes réelles des joueurs.</span></p> <p><span style="font-weight: 400">Ensuite, rejoindre JOA au Lac du Der m’a permis de revenir à la maison après la période COVID. J’y ai rapidement pris la place de Directeur Général Adjoint avant de basculer dans le projet Saumur en 2025. Tout mon parcours m’a préparée à ce mélange d’exigence, d’écoute et de construction collective.</span></p>

<p><b>Lors de votre première visite à Saumur, qu’est-ce qui vous a le plus frappée : le bâtiment, sa mémoire ou l’attente de la population ?</b></p>

<p><span style="font-weight: 400">Les trois, en réalité. Ce bâtiment a eu plusieurs vies : Les Halles au XVIIIᵉ siècle, puis un cinéma… On sent l’attachement des habitants. Et ce qui m’a étonnée, c’est le nombre très réduit de détracteurs.</span><span style="font-weight: 400"><br /> </span><span style="font-weight: 400">L’imaginaire autour du casino est souvent biaisé, mais ici, </span><span style="font-weight: 400">les saumurois</span><span style="font-weight: 400"> étaient surtout curieux et enthousiastes. Il a fallu canaliser cette énergie pour rester concentrés sur l’objectif : ouvrir en mars 2026.</span></p> <p>&nbsp;</p> <p>[caption id="attachment_29159" align="alignleft" width="700"]<a href="https://les-enjeux.com/wp-content/uploads/2025/11/MjAyMzEyMGRmNzg1ODRiMTUxYjJmODkwYTc3MWQ2ZjVmMWIxZjU.avif"><img class=" wp-image-29159" src="https://les-enjeux.com/wp-content/uploads/2025/11/MjAyMzEyMGRmNzg1ODRiMTUxYjJmODkwYTc3MWQ2ZjVmMWIxZjU-500x281.avif" alt="Avant d&apos;accueillir un casino, les anciennes Halles de Saumur ont abrité les salles du cinéma Le Palace. Ainsi, c&apos;est une troisième vie qui débute pour le bâtiment." width="700" height="393" /></a> Avant d'accueillir un casino, les anciennes Halles de Saumur ont abrité les salles du cinéma Le Palace. Ainsi, c'est une troisième vie qui débute pour le bâtiment. Crédit photo : Ouest France[/caption]</p>

<p><b>L’enthousiasme local est fort, mais l’échéance de mars 2026 l’est tout autant. Comment trouvez-vous l’équilibre entre écoute du territoire et rigueur opérationnelle ?</b></p>

<p><span style="font-weight: 400">En fixant des priorités très claires. Le projet suscite énormément d’espoirs et de sollicitations. Mais si je réponds à tout, je ne construis plus. Parfois, il faut dire non, expliquer, tracer un cadre. La meilleure manière de respecter cet enthousiasme, c’est d’être prête le jour J avec un établissement impeccable et une équipe solide.</span></p>

<p><b>L’appel d’offres imposait un calendrier presque “mission impossible”. Comment gérez-vous cette pression depuis le premier jour ?</b></p>

<p><span style="font-weight: 400">Le calendrier était l’un des critères décisifs de l’appel d’offres : il fallait ouvrir en mars 2026, point. Ça laisse très peu de marge pour le permis de construire, les validations patrimoniales, le chantier…</span></p> <p><span style="font-weight: 400">Dans la pratique cela donne l’échéancier suivant : février 2024 : appel d’offres ; juin 2024 : JOA désigné exploitant ; Août 2024 : dépôt du permis ; Octobre 2024 : début des travaux.</span></p> <p><span style="font-weight: 400">Sans un alignement parfait de tous les acteurs, c’était impossible. Le timing a été tenu parce que chaque étape a été challengée, sécurisée, planifiée au millimètre notamment grâce au travail de Thierry Alric, Directeur Technique &amp; Maintenance du Groupe JOA.</span></p> <p>&nbsp;</p> <p>[caption id="attachment_29160" align="alignleft" width="700"]<a href="https://les-enjeux.com/wp-content/uploads/2025/11/006_F.PETRY_LSP_Casino_1er-pierre.jpg"><img class="wp-image-29160 " src="https://les-enjeux.com/wp-content/uploads/2025/11/006_F.PETRY_LSP_Casino_1er-pierre-500x334.jpg" alt="Ce n&apos;est qu&apos;en juin 2025 que la première pierre du nouveau Casino de Saumur a été symboliquement posée, ici par Laurent Lassiaz, CEO du Groupe JOA. Une course contre-la-montre pour être prêt en mars 2026. " width="700" height="468" /></a> Ce n'est qu'en juin 2025 que la première pierre du nouveau Casino de Saumur a été symboliquement posée, ici par Laurent Lassiaz, CEO du Groupe JOA. Une course contre-la-montre pour être prêt en mars 2026.[/caption]</p>

<p><b>La façade de 1935 est classée. Qu’est-ce que ce dialogue avec les ABF a changé dans la manière d’imaginer le casino ?</b></p>

<p><span style="font-weight: 400">Beaucoup de choses. On doit restituer la façade dans son état d’origine. La collaboration avec les Architectes des Bâtiments de France a été essentielle pour imaginer un casino contemporain… dans un cadre historique. </span><span style="font-weight: 400">Ça impose des contraintes, mais aussi une responsabilité : redonner vie à un morceau d’histoire saumuroise.</span></p> <p><span style="font-weight: 400">Ce chantier demande des ajustements permanents et fonction des expériences ou des attentes des parties prenantes au projet. Cela prend forme mais si je dois avoir un regret, c’est de ne pas avoir vécu la toute première visite, au moment où il fallait se projeter dans un lieu encore brut.</span></p>

<p><b>Quel est le rôle concret du Groupe JOA dans la structuration technique et stratégique du projet</b></p>

<p><span style="font-weight: 400">Central. Le Groupe a nommé un DGOR, Damien Dufort, </span><span style="font-weight: 400">Directeur Général Adjoint du Groupe, qui suit une multitude de projets, dont Saumur</span><span style="font-weight: 400">. Et surtout, il y a eu l’implication de notre Directeur Technique, Thierry Alric, qui a challengé tous les intervenants pour rendre possible l’ouverture en 2026.<br /> </span></p> <p><span style="font-weight: 400">Sur chaque métier support (RH, restauration, marketing) des experts du siège ont été ou sont mobilisés. Mon rôle est ensuite d’orchestrer, d’assurer la cohérence, de faire circuler l’information. Saumur doit devenir un fleuron du Groupe : on s’appuie sur l’expérience du Groupe pour proposer le meilleur mais aussi pour tester.</span></p> <p>&nbsp;</p> <p>[caption id="attachment_29162" align="alignleft" width="699"]<a href="https://les-enjeux.com/wp-content/uploads/2025/11/MjAyNTAyMGEzMTc4YTg5ZjAyMDFiZDQ2NTY1NzAwYzNiMjZjODQ.avif"><img class=" wp-image-29162" src="https://les-enjeux.com/wp-content/uploads/2025/11/MjAyNTAyMGEzMTc4YTg5ZjAyMDFiZDQ2NTY1NzAwYzNiMjZjODQ-500x281.avif" alt="Le 26 mars 2026, les habitants du Saumurois pourront découvrir le premier casino du Maine-et-Loir. Il devrait ressembler à cette vision de l&apos;agence d&apos;architecture Lionel Vie et Associés." width="699" height="393" /></a> Le 26 mars 2026, les habitants du Saumurois pourront découvrir le premier casino du Maine-et-Loir. Il devrait ressembler à cette vision de l'agence d'architecture Lionel Vie et Associés.[/caption]</p> <p>&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p>

<p><b>Recruter 67 personnes, dont de nombreux novices : comment prépare-t-on des talents qui ne connaissent pas encore l’univers du jeu ?</b></p>

<p><span style="font-weight: 400">Nous avons reçu 2 300 CV, ce qui est exceptionnel et il faut reconnaître le travail des équipes RH du Groupe pour son accompagnement.</span></p> <p><span style="font-weight: 400">Pour l’encadrement, nous avons fait venir des profils expérimentés du Groupe JOA. Pour le reste, il faut faire émerger les talents locaux : ceux qui ont envie de relever le défi. C’est un métier hyper-réglementé, mais l’envie, la posture, l’écoute sont tout aussi importantes. La formation fera le reste.</span></p>

<p><b>Vous êtes l’interlocutrice de tous les acteurs du chantier. Comment reste-t-on organisée quand il faut jongler entre architecture, RH, finance et exploitation ?</b></p>

<p><span style="font-weight: 400">En étant très structurée. Je suis la seule représentante du Groupe sur place au quotidien. Même si le siège est très présent, notamment Thierry Alric, je dois répondre à tout : restauration, finances, exploitation… </span><span style="font-weight: 400">Cependant, pour le gros œuvre, cela ne relève pas de mes compétences.</span><span style="font-weight: 400"><br /> </span><span style="font-weight: 400">Je change de métier dix fois par jour. Ça impose d’être rigoureuse, d’anticiper, de poser des limites.</span></p>

<p><b>Dans un projet très attendu, savoir dire non est essentiel. Comment fixez-vous ces limites ?</b></p>

<p><span style="font-weight: 400">Je garde toujours en tête l’objectif : ouvrir le 26 mars 2026 avec un bâtiment prêt et une équipe formée. Tout ce qui ne sert pas directement cette finalité peut attendre. </span><span style="font-weight: 400">C’est parfois frustrant de devoir prioriser et mettre en attente certaines sollicitations mais cela s’avère nécessaire.</span></p>

<p><b>Vous faites de la restauration un pilier stratégique. Comment s’est construite cette vision avec le chef Clément Bidard ?</b></p>

<p><span style="font-weight: 400">La restauration a trop longtemps été accessoire, ou obligatoire, dans les casinos. Chez JOA, ce n’est plus le cas : à Saumur, nous visons une restauration familiale de qualité, avec 80 couverts, pensée spécifiquement pour le Comptoir du Casino. </span><span style="font-weight: 400">La réflexion sur l’offre de restauration s’est faite avec Julien Jeanty, Responsable F&amp;B du Groupe, et le chef Clément Bidard</span><span style="font-weight: 400">, tout en tenant compte de l’offre locale, très riche.</span></p> <p><span style="font-weight: 400">Les habitants de Saumur sont habitués à une certaine qualité et nous avons le devoir de ne pas les décevoir. Il faut aussi penser que la restauration fait partie intégrante de l’expérience que l’on propose et qui se termine par le jeu.</span></p> <p><span style="font-weight: 400">Et bien sûr, la présence du cheval — symbole de Saumur — sera intégrée à notre identité.</span></p> <p>&nbsp;</p> <p>[caption id="attachment_29163" align="alignleft" width="700"]<a href="https://les-enjeux.com/wp-content/uploads/2025/11/le-chef-danny-khezzar-entoure-de-maxime-lucciardi-laurent-lassiaz-clement-bidard-et-maxime-terrade-photo-nouchine-mahintach-1696181612.jpg"><img class=" wp-image-29163" src="https://les-enjeux.com/wp-content/uploads/2025/11/le-chef-danny-khezzar-entoure-de-maxime-lucciardi-laurent-lassiaz-clement-bidard-et-maxime-terrade-photo-nouchine-mahintach-1696181612-500x308.jpg" alt="Pour mettre en oeuvre la carte du futur Comptoir du Casino, le Groupe JOA collabore avec le chef Clément Bidard, ici à droite de Laurent Lassiaz." width="700" height="431" /></a> Pour mettre en oeuvre la carte du futur Comptoir du Casino, le Groupe JOA collabore avec le chef Clément Bidard, ici à droite de Laurent Lassiaz. Crédit photo : Nouchine Mahintach[/caption]</p> <p>&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p>

<p><b>L’ouverture promet un afflux massif. Comment prépare-t-on une équipe majoritairement novice à offrir une expérience solide dès le jour J ? Qu’est-ce qui fera la différence ?</b></p>

<p><span style="font-weight: 400">Sans hésitation, l’attention que nous porterons au détail aussi bien sur l’offre que sur l'humain, notamment auprès de la cinquantaine de personnes pour qui, travailler dans un casino, sera une nouvelle expérience.</span></p> <p><span style="font-weight: 400">La formation est essentielle, mais elle ne suffit pas. Le jour J, la réaction du public reste imprévisible. Ce sera à nous d’embarquer visiteurs et équipes dans une dynamique positive.</span></p> <p><span style="font-weight: 400">Les cadres connaissent le métier, mais les 50 autres collaborateurs vont le découvrir en conditions réelles. Il faudra les soutenir, les rassurer, les accompagner. L’expérience client naît de l’émotion : ce sont eux qui la transmettront.</span></p>

<p><b>Question Les Enjeux : s’il y avait une question que nous n’avons pas posée mais que vous auriez aimé aborder, laquelle serait-elle ? Et quelle en serait votre réponse ?</b></p>

<p><span style="font-weight: 400">Comment on aborde ce type de projet à titre personnel ?</span><span style="font-weight: 400"><br /> </span><span style="font-weight: 400">Il faut être bien entouré, professionnellement et personnellement. </span></p> <p><span style="font-weight: 400">Une ouverture de casino demande 200 % d’implication. Sans l’adhésion de ma famille, je ne pourrais pas vivre cette aventure. Il faut être humble, savoir s’appuyer sur les expertises, et garder une attitude résolument positive.</span></p>