WPT, Patrick Bruel et Canal+ : naissance de la génération Poker
Le boom du poker en France n’a pas commencé dans un casino ni sur une room en ligne. Il commence, pour beaucoup, un soir de semaine devant Canal+. Générique du World Poker Tour, voix de Patrick Bruel, cartes visibles, tapis annoncés avec un accent à moitié américain. À partir de là, trois lettres, WPT, vont devenir la porte d’entrée d’une génération entière dans le poker… avant de disparaître presque totalement du paysage européen pour se réinventer entre Las Vegas et l’Asie. Récit d’une marque mythique pour une génération de joueurs Français.
Par Emmanuel GOLDSTEIN•Publié le 12 décembre 2025

Une nuit devant Canal+
Pour beaucoup, avant 2005, le poker, c’était une autre époque. 5 cartes fermées posées sur une nappe un peu fatiguée, une lampe jaunâtre au plafond, l’odeur de cigares froids, un fond de whisky dans des verres épais et, dans l’imaginaire collectif, toujours les mêmes personnages : des voyous, des types louches dans une cave enfumée. Un jeu de sous-main, presque clandestin.
Et puis arrive ce fameux soir, bien avant YouTube, TikTok et les streams Twitch. On est au tout début des années 2000, on zappe machinalement sur Canal+. Et là, sans prévenir, on tombe dessus : une table finale filmée comme un match de Ligue des champions. Les jetons claquent, la lumière est nette, les caméras se posent sur chaque regard. Au micro, Patrick Bruel découpe chaque coup, pose le décor, traduit ce qui se joue en langage accessible, tout comme un WPT.
Surtout, ce ne sont plus des anonymes sans visage. D’un coup, des noms commencent à revenir, semaine après semaine, jusqu’à devenir familiers comme des personnages de série. Gus Hansen, le Danois qui ouvre tout et n’importe quoi, capable d’envoyer tapis avec un sourire quand tout le monde se dit « il ne peut pas avoir ça ».
